Visite à l'hôpital Erasme d'Antony / N. SARKOZY privilégie l’émotion à la réflexion et la sécurité aux soins !
Mardi 2 décembre 2008, Nicolas Sarkozy a présenté son plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques, devant le Conseil d’administration de l’établissement public de santé Erasme, à Antony, une partie du personnel de l’établissement, des représentants du monde de la santé et diverses personnalités. Les représentants syndicaux du personnel de l’hôpital se sont joints, quant à eux, aux manifestants parqués à l’écart de l’entrée pour ne pas jeter d’ombre sur l’arrivée du Président de la République.
Le chef de l’Etat a mis en avant sa priorité : favoriser la sécurité dans ces établissements psychiatriques (30 millions d’euros seront débloqués + 40 millions pour des unités pour malades difficiles).
Quant aux autorisations de sortie en hospitalisation d’office, il demande qu’elles soient gérées par les Préfets ou la justice et non plus «à la légère » ose-t-il dire par les psychiatres soignant le patient: mais « par l’Etat ou la justice, pas les experts ».
Sans parler de fichier il précise « Le gouvernement s'assurera que les informations administratives sur les hospitalisations d'office soient partagées dans tous les départements avec un secret médical respecté de la façon la plus stricte" ;
Certes la sécurité est un facteur important dans le domaine de la psychiatrie mais la majorité des médecins psychiatres dénoncent la pénalisation croissante des malades psychiatriques, considérés, a priori et à tort, comme potentiellement dangereux, et insistent sur l’effet positif des sorties contrôlées sur l’amélioration de la santé des patients.
La psychiatrie publique manque de moyens, non pas en caméras et enfermement mais en personnel qualifié, soignants, travailleurs sociaux, accompagnants dans la cité… en capacité de soins et de suivis extra-hospitaliers, en prévention de la souffrance psychosociale. Il est de plus curieux d’entendre le chef de l’Etat s’exprimer sur ce sujet, dans le contexte émotionnel d’un évènement dramatique, alors même qu’une Mission planche sur la réforme de la psychiatrie publique, que la loi Hôpital, Patient, Santé et Territoires va être débattue en janvier et qu’un Colloque européen comparant les différents systèmes se tient jeudi 4/12 à Paris.
Jouant comme toujours sur la peur, le président de la République privilégie l’émotion à la réflexion et la sécurité aux soins.
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