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lundi 14 novembre 2005

Banlieues : "comprendre et proposer des réponses", par Michèle Canet

MichelecanetLors de la séance publique du Conseil général des Hauts-de-Seine, le lundi 14 novembre 2005, Michèle Canet, présidente du groupe PS, a interpellé Nicolas Sarkozy, président du département et par ailleurs ministre de l'intérieur. Le Parti socialiste des Hauts-de-Seine demande la création d'un Observatoire local de la délinquance et de la prévention dans notre département :

Il est bien sûr inutile de rappeler combien nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans nos banlieues en particulier depuis le drame de Clichy-sous-Bois.
Bien entendu, la première réaction des élus socialistes est de condamner toute violence, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne. Ces violences sont inacceptables et le rétablissement de l’ordre républicain sur le territoire national doit être garanti. Il revient à l’Etat d’assumer cette mission.

Mais nous ne pouvons pas nous contenter de condamner ou de regretter : il faut avant tout comprendre et proposer des réponses qui prennent en compte toutes les populations concernées, les habitants qui subissent y compris les jeunes de ces quartiers.

Nous l’avons déjà dit : les déclarations que vous avez faites en tant que Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Président, ont exacerbé ces populations fragilisées et ont été le déclic qui a provoqué ces évènements. Devant le sentiment d’injustice qu’ils ont ressenti ces jeunes ont réagi. Ce dont ils ont besoin c’est de messages d’espoir ; or la disparition des emplois jeunes, la difficulté à trouver un emploi, la cherté des loyers, les bourses insuffisantes pour ceux qui malgré tout voudraient faire des études, etc, sont autant de signes négatifs.

Il y a de nombreux mois maintenant, alors que vous étiez Ministre de l’Intérieur et pas encore Président du Conseil général, vous avez reçu une délégation d’élus du département : j’en faisais partie ; vous nous avez beaucoup parlé de répression et je vous ai interrogé sur la prévention. Vous nous avez répondu que vous y penseriez dans un 2ème temps, quand vous auriez « nettoyé » les banlieues.

Nous constatons aujourd’hui les conséquences de la politique que vous avez alors menée, avec notamment la suppression de la police de proximité, le « tout répressif » comme seule réponse aux difficultés. A cela il convient d’y ajouter une baisse alarmante des effectifs de police et un manque de moyens matériels qui ne permettent pas de répondre aux besoins de la police nationale et de la population, notamment en ce qui concerne l’accueil des victimes dans les commissariats.

Il ne suffit pas de faire des déclarations utilisant un vocabulaire inadmissible, au risque, même contre votre volonté, d’un amalgame dont on voit aujourd’hui le résultat, envers des jeunes qui ont avant tout besoin d’être reconnus (je ne parle pas ici des vrais délinquants pour lesquels la justice doit prendre des mesures lorsque leur culpabilité a été prouvée).Vous multipliez les effets d’annonces, laissant supposer que vous avez des solutions simples, radicales que vous appliquerez… dans quelques mois. Mais c’est aujourd’hui que vous êtes ministre et c’est aujourd’hui qu’il faut prendre en compte les vrais problèmes de fond : la misère sociale, le chômage, la ghettoïsation de certains quartiers voulue par la politique du logement de la droite, etc., les prendre en compte et y répondre.

Les jeunes sans emploi, sans avenir n’ont plus de références Il ne s’agit pas ici de faire un amalgame entre la fragilité sociale et la délinquance : il s’agit d’avoir la volonté de faire la différence entre les vrais délinquants, finalement pas si nombreux et ceux que les difficultés de la vie ont amenés à des comportements extrêmes. Pour ces derniers c’est sur le fond qu’il faut agir. Pour cela il faut mettre en place une politique sociale qui réponde aux problèmes que je viens d’énoncer et aussi, dans un premier temps, augmenter les moyens de la politique de la ville, mis à mal depuis 2002. Les crédits affectés aux quartiers sensibles doivent être à la hauteur des enjeux.

Pourtant il y a des outils : les associations, les travailleurs sociaux, les acteurs de terrain : médiateurs, éducateurs de rues. La prévention doit être de nouveau une priorité de l’Etat et du département dont c’est une compétence.

Dans notre département, parce qu’il en a les moyens, nous pouvons faire mieux que ce qui est fait aujourd’hui ; accroître l’aide aux associations de terrain et en susciter là où c’est nécessaire, mener une politique ambitieuse de soutien à la politique de la ville, développer la mixité sociale en construisant des logements sociaux dans les communes qui en sont peu dotées. 150 éducateurs de rue pour 36 communes et 1,4 millions d’habitants est ridiculement insuffisant : il faut au moins doubler le nombre de postes au sein des clubs de prévention et travailler en cohérence avec les services municipaux. La logique des CLSPD est inexistante à l’échelon départemental comme l’était celle des CLS.

Pour cela il nous faut un outil. C’est pourquoi le groupe socialiste demande la création d’un véritable observatoire local de la délinquance et de la prévention dans notre département afin de développer ce qui fait partie de nos compétences : la prévention spécialisée. Il faut aussi un grand plan d’actions en direction des collégiens après les heures de cours, allant au-delà de ce qui est déjà proposé et d’une manière plus générale un grand plan d’action départementale de la jeunesse.

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Le mot de Michèle Canet, présidente du groupe

  • MichelecanetBienvenue sur le blog des conseillers généraux socialistes du 92 ! Je préside le groupe socialiste du conseil général depuis 2003. Mais ce groupe, c’est une équipe dont j’ai l’honneur de coordonner le travail. Notre tâche est rude face à une majorité de droite si bien installée dans ses fauteuils qu’elle pense avoir, seule, la légitimité pour avoir une action politique dans notre département. Et pourtant c’est faux ! Même s’il n’y a que 6 conseillers généraux socialistes (avant 1998 il y en avait 2…) le Parti Socialiste est évidemment une force sur laquelle il faut compter dans les Hauts-de-Seine... LIRE LA SUITE

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